Histoire


Selon l’actuelle Confrérie des Compagnons de Saint-Laurent, dont l’origine remonte à 1311, la Plantation du Meyboom ( Arbre de Joie), daterait de 1213, année où Bruxelles  » remporte la victoire sur Louvain « .arbalet

A cette époque, les bourgeois de Bruxelles fréquentaient volontiers des guinguettes, on disait alors des  » Granges « , situées au nord de la ville, au-delà des remparts, à l’endroit dit  » Marais aux Cygnes « , à l’emplacement du quartier actuel (rue du Marais).Le fisc communal qui percevait de lourdes taxes sur la bière dans les établissements de la Ville, n’avait aucun droit à taxer hors des murs la boisson favorite des Bruxellois. Le Lambic se débitait donc à prix doux aux Granges du Marais.Un après-midi de 1213, des Louvanistes, en querelle avec les Bruxellois à propos des taxes sur la bière, se présentèrent en force dans le quartier et attaquèrent à l’improviste la Grange dénommée « Het Cattenhuys » où une noce bruxelloise festoyait Les convives se retranchèrent dans l’établissement où se trouvaient des arbalétriers : les Compagnons de Saint-Laurent. Ceux-ci se présentèrent les premiers au secours des assiégés qui furent dit  » le populaire  » caressés vigoureusement. En récompense de ce coup d’éclat, le duc Jean de Brabant fit octroi à la Gilde de Saint-Laurent d’un statut corporatif.

jean1-2-3

Jean III décida, en plein accord avec l’échevinage de Bruxelles, de fusionner la gilde du Marais aux Cygnes avec le Serment des Arbalétriers « Les membres de la Gilde de Saint-Laurent entrent de plein droit dans le Serment en qualité de Sociétaires de la Corporation Civile. A ce titre, le droit de planter le Meyboom leur est confié ».

sceauj12

On décida de procéder à la Plantation la veille de la fête de  » Laurent « , le saint patron : le 9 août. Mais c’est en 1308 seulement qu’ils exercent leur privilège pour la première fois; de ce fait, ils peuvent affirmer procéder à la cérémonie pour la 696ème fois le 9 août 2004.
L’Histoire, jetant un clin d’oeil au folklore, raconte que la Plantation, doit être réalisée avant 17 heures, sous peine de voir le privilège passer au main des Louvanistes.

En 1831 les circonstances étant difficiles et l’argent rare, les hommes hésitèrent à continuer à organiser la plantation, ce sont les femmes qui protestèrent à l’idée de l’interruption de cette cérémonie.

Il est à noter que les cortèges de 1839 et 1849 furent des plus fastueux et que lors des ecu1deux périodes d’occupation de 1914-1918 et 1940-1945, la cérémonie ne fut jamais interrompue bien qu’aucun cortège ne fut orgacrossbownisé. Des braves parmi les braves se chargeant de planter un arbuste voire une plante à l’endroit donné et ce à la date et surtout avant l’heure fatidique.
Autre année importante, 1939 où les Louvanistes avaient organisé l’enlèvement de l’arbre pendant que s’égayaient dans les « stameneis » les joyeux et truculents « bas-fondistes ». Les Bruxellois, inquiets, désemparés et surtout furieux contactèrent aussitôt la Gendarmerie et les voleurs furent arrêtés à l’entrée de Louvain. Les « bas-fondistes » abattirent un autre arbre à une vitesse record et le plantèrent avant 17 heures à l’endroit prévu. L’honneur et le droit d’exercer le privilèges étaient saufs !

Ainsi chaque année depuis 7 siècles, la tradition de la plantation du Meyboom a toujours été respectée : l’arbre se dresse fièrement à l’angle des rue des Sables et du Marais avant 17 heures.